Fin du 19e siècle,
Le Plateau de Millevaches
Est devenu un vaste désert ,
De bruyère,
Fossilisé par le surpâturage,
Endormi dans la misère et la faim...
La population le fuit ,
Les villages se vident.
Doucement,
Le paysage se métamorphose,
Des graines,
Reliques des forêts climaciques de naguère,
D’avant la sédentarisation et l’agriculture,
Sortent d’une longue dormance,
Fougères et genêts,
Saules, bouleaux et noisetiers,
Pins sylvestres,
Aubépines et ronces,
Pruneliers, pommiers et poiriers sauvages ,
Hêtres et chênes…
Et poussent en mosaïque.
Des forêts en devenir,
Un temps de résilience pour la terre,
Où la nature lie l’arbre à ses besoins,
D’expansion, de croissance et d’équilibre.
L’arbre,
Qui à l’automne venu,
Se décharge de toute sa couverture foliaire.
Une bénédiction pour le sol qui lui aussi affamé,
Y voit une ressource abondante à transformer en nourriture…
La vie s’organise,
Et là, dans l’ombre d’un mystère,
Déploie le long d’un enchevêtrement de racines,
Un véritable fleuve de micro-organismes( la rhizosphère).
Il vascularise les échanges :
L’arbre les nourrit
Les micro-organismes rendent les éléments du sol assimilables.
Divagation ?
Hors sujet ?
Ou cœur d’une démarche,
D’une façon singulière,
De voir, de penser, d’agir face à la vie…
Dans la grandiosité,
De cette dynamique expansive forestière,
Nous ressentons le besoin de nous relier,
De nous mêler intimement au vivant…
De ne pas perturber sa complexité ,
Ses cycles, ses « rouages »
Son fonctionnement...
De s’accorder,
Au métabolisme de la terre .
Cette terre, Gaïa,
Sources et fruit d’un écosystème,
Qui crée chaque année une richesse,
La matière organique,
L’alimentation, la base du vivant.
La matières organique,
Qu’une somme de peuples,
( insectes, champignons, lombrics, micro-organismes…)
S’accordent à fragmenter, digérer, évacuer.
Déjection d’un peuple,
Qui deviens richesse pour un autre peuple,
Qui s’en nourrir.
Ainsi naît une continuité, une toile,
La trame du vivant.
Partie immergée d’une luxuriance et abondance apparente.
La forêt et l'agriculture,
Des antagonistes ?
L’agriculture laboure la trame,
Exporte les richesses (matières organiques)
Redonne si peu à la terre,
Qu’elle l’appauvrit, l’érode, "l’inflamme"...
Elle est vu par le nature comme une régression,
Une perturbation,
Un retour incessant en arrière.
L’agriculture fonctionne sur le déséquilibre.
Donc peut-elle nourrir l’équilibre et la santé ?
Semeurs du vivant,
Qui cultivent leur bien être,
Sur un lopin de terre,
Avec sensibilité,
Dans une relation de complicité,
De paix,
Loin des guerres froides outrancières,
À coup de chimie, de glyphosate, d’insecticide
Sachant pertinemment ce que l’homme fait à la terre,
Il se l’impose à lui-même…
Sagesse ,
Que mettent en lumière des penseurs Novateurs :
Le non agir de Masanobu Fukuoka,
Les jardin synergique d' Emilia Hazelip, Les paysages nourriciers de Sepp Holzer,
L’aggradation du sol par le BRF de Gille Lemieux, et Laurent Henri,
La biodynamie de Rodolf Steiner et Ehrenfried Pfeiffer…
La biologie du vivant et le système agro-sylvo-pastoral de HansPeter Rush et Lydia et Claude Bourguignon…
La permaculture de Bill Mollison…
Le semis sous couvert, l’agroforesterie de Dominique Soltner…